L'époque d'Edo (1603-1868) 江戸時代
- Publié le : 26/11/2019
- Par : S.V.
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L'époque de domination du shogunat Tokugawa
250 ans de paix grâce à un régime politique fort, undéveloppement urbain sans précédent, une culture florissante et des arts d'unraffinement exceptionnel ; c’est ce que l’époque d’Edo (1603-1868) aoffert à l’archipel.
L’arrivée au pouvoir du clan Tokugawa
Deux ans après la mort d’Hideyoshi Toyotomi (1537-1598), PremierMinistre et grand unificateur du pays durant l'époque Sengoku (1450-1573) ou "époque des provinces en guerre", le Conseil de Régence mis en place pour exercer le pouvoir au nom du jeunehéritier Hideyori Toyotomi (1593-1615) vole en éclat. Les querelles intestines au sein du Conseil aboutissent à un véritable conflit ouvert entre le clan Ishida, partisan du filsd’Hideyoshi et le clan Tokugawa dirigé par Ieyasu Tokugawa (1543-1616) quidésire ardemment étendre sa domination à l’ensemble de l’archipel.
La victoiredu clan Tokugawa à la bataille de Sekigahara les 20 et 21 octobre 1600 marqueun tournant majeur dans l’histoire de l’archipel. Surnommée Tenka wakeme nokassen ou "la bataille qui décida de l'avenir du pays", celle-ci estd’ailleurs bien souvent considérée comme le début non officiel du shogunat Tokugawa. Néanmoins ce n’est que trois ans plus tard que Ieyasu Tokugawareçoit des mains de l’empereur le titre de shogun et instaure un gouvernementmilitaire, le bakufu d'Edo.
Pard’habiles manœuvres politiques, le recours aux alliances matrimoniales avec lafamille impériale et la transmission héréditaire du pouvoir shogunal, IeyasuTokugawa parviendra à asseoir son pouvoir et à maintenir sa lignée à la tête dupays durant plus de 250 ans.
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Un pouvoir centralisé à Tokyo
En 1603, le siège du gouvernementest installé à Edo (actuel Tokyo) faisant de cet ancien petit village depêcheurs la capitale shogunale et le centre du pouvoir politique et cela, mêmesi Kyoto demeure la capitale impériale jusqu’en 1868.
À partir de 1615, leshogun parvient à monopoliser l'ensemble des pouvoirs et sphères d’influencegrâce à la promulgation d’un code en 17 articlesconsignant l'empereur à un unique rôle spirituel et culturel. Le shogunest désormais le seul à gérer les affaires du pays.
Pour consolider un peu plusson pouvoir et juguler la puissance des daimyos, les grands seigneurs desdomaines provinciaux, le shogunat exerce un contrôle particulièrement strict àleur encontre par la sankin kôtai. Entré en vigueur en 1635, ce systèmecontraint les daimyos à une résidence alternée d’une année sur deux entre Edooù est installée leur famille et leurs fiefs. Les coûts engendrés par la sankinkôtai (déplacements, frais d’entretien de la double résidence), à la charge desseigneurs, ont ainsi raison d'éventuelles velléités belliqueuses.
Par ailleurs,le maintien d'un ordre stable dans tout le pays passe également par une refontesociale. Le gouvernement divise la population en quatre classes socialesrigides : les guerriers "bushi" (shogun, daimyos et samouraïs), lespaysans "nômin", les artisans "kôgyô" et les marchands"chônin". Le reste de la population échappe à cette codification,mais pas au contrôle shogunal.
Le sakoku : la fermeture du pays
Désireux de ne pas subir d'influence occidentale et decontrôler le commerce, le shogunat Tokugawa va progressivement faire appliquer unesérie de mesures isolationnistes : l’expulsion des missionnaires chrétienssuite à l’interdiction du christianisme sur le territoire nippon en 1614,l’interdiction d'entrer ou de quitter le pays pour les Japonais, l’expulsiondes résidents et marchands étrangers, la fermeture des ports aux navires nonjaponais.
Ainsi, en 1638, la communauté portugaise sera tout d’abord déplacéesur l'îlot de Deshima près de Nagasaki puis expulsée l'année suivante. LesHollandais seront eux-aussi confinés à Deshima en 1641 ; date à laquellela claustration nippone est complète. Il ne subsiste dès lors que les comptoirscommerciaux de la Compagnie des Indes néerlandaise à Deshima et des quelques commerçantschinois à Nagasaki.
Cette politique isolationniste menée par le shogunat estnommée sakoku, littéralement "pays cadenassé".
Au début du 19èmesiècle, les tentatives des grandes nations occidentales pour rompre cetisolement sont nombreuses. La pression du Commodore américain Matthew C. Perry,arrivé en 1853, aura raison du sakoku. L'année suivante, le Japon ouvre sesfrontières aux Etats-Unis puis au reste du monde en 1858. L’ouverture du paysfavorisera l’abdication du dernier shogun et la restauration du pourvoirimpérial, qui ouvre l'ère Meiji (1868-1912).
L’essor d’Edo
Le nouveau régime politique etadministratif de l’archipel vient complètement modifier le destin d’uneville : Edo.
Autour de la forteresse achevée en 1636, émerge une grande etnouvelle ville. Des maisons, des boutiques, des temples, des théâtres, desmaisons de thé et des maisons de plaisir apparaissent en nombre. En ces tempsde paix dans l’archipel, la population d’Edo s’accroit rapidement. La classe marchande et bourgeoise profite pleinement de cet essor urbain et s’enrichit grandement.
En quelques années, une toute nouvelle culture urbaine et bourgeoise, portée par des chônin (marchands et citadins) en quête perpétuelle de divertissement et de plaisir, se fait jour. Celle-ci prend sa source dans le concept d’ukiyo ou "mondeflottant" consigné en 1665 par l’écrivain Asai Ryôi (1612 - 1691) dans sonouvrage Contes du monde flottant (Ukiyo monogatari) : "[…] vivre uniquement lemoment présent, se livrer tout entier à la contemplation de la lune, de laneige, de la fleur de cerisier et de la feuille d’érable […], ne pas se laisserabattre par la pauvreté et ne pas la laisser transparaître sur son visage, maisdériver comme une calebasse sur la rivière, c’est ce qui s’appelle ukiyo".
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Les arts de l’époque d’Edo
Sous l’égide de cette philosophie de vie, l’époque d’Edovoit naître des arts d'un raffinement exceptionnel (peinture, ukiyo-e,céramique, laque, sculpture, armes et armures) et des divertissementsextrêmement populaires.
Le kabuki joué pour la première fois par Izumo no Okunien 1603 sur une scène de fortune installée dans le lit asséché de la rivièreKamo à Kyoto devient très vite à la mode à travers tout l’archipel. Lescitadins d’Edo se pressent dans les nombreux théâtres de la capitale. Ils ytrouvent amusement et délassement tout comme dans les maisons de thés, lesrestaurants et les maisons de plaisir du quartier réservé, le Shin-Yoshiwara.
Lesacteurs et les pièces de kabuki, les courtisanes, les belles jeunes femmes, lesvues célèbres d’Edo, le Mont Fuji ainsi que les mœurs et les modes de lanouvelle classe bourgeoise d'Edo sont les sujets de prédilection des estampesukiyo-e ; l’art emblématique de l’époque d’Edo. Cet art de la gravure surbois polychrome connait son âge d’or entre la fin du 18ème et ledébut du 19ème siècle grâce aux deux grands maîtres incontestés quesont Hokusai et Hiroshige.
Quant à la littérature de l’époque d’Edo, celle-ciest marquée par la poésie subtile de Matsuo Bashô (1644-1694) ; grandmaître classique du haiku.
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